
Diplôme national de niveau 6, la licence de lettres demande trois années d’université après le baccalauréat, en lettres modernes ou classiques selon les établissements. Elle ne forme pas au scénario : elle apprend à décortiquer les récits, à manier la langue et à bâtir une culture littéraire, trois appuis pour qui rêve d’écrire des films ou des séries.
Le scénariste ouvre le panorama des métiers du cinéma, de l’écriture à la salle, et la fac de lettres fait partie des chemins que regardent les lycéens attirés par ce poste. Le choix se défend, à condition de savoir ce que les trois années apportent et ce qu’elles laissent à apprendre ailleurs.
Ce que l’étude des textes apporte à l’écriture pour l’écran
Un scénario reste un texte, même s’il est écrit pour s’effacer derrière les images. Avant de devenir des plans, il assemble des personnages, une structure, des points de vue, des ellipses et des dialogues : la matière même que les études littéraires apprennent à observer. Se demander pourquoi un roman retarde une révélation, comment une nouvelle tient sur une seule situation ou ce qu’une réplique de théâtre fait avancer, c’est déjà raisonner en dramaturge. Le même regard aide à comprendre pourquoi certaines fins de séries marquent et d’autres déçoivent.
La fac entraîne aussi à la réécriture. Commentaires, dissertations et explications de texte obligent à reformuler, couper et préciser jusqu’à ce que l’idée tienne debout. Or un projet de film se défend d’abord par écrit, synopsis et note d’intention compris.
La limite mérite d’être dite franchement. La licence n’enseigne ni la mise en page d’un scénario, ni le séquencier, ni la continuité dialoguée. Ces savoir-faire s’acquièrent après, ou à côté.
Modernes, classiques, ouvertes au cinéma : les parcours de la mention
France compétences décrit la mention dans une fiche nationale unique, « Licence - Lettres » (RNCP40114, publiée le 27 janvier 2025), que délivrent de nombreuses universités. Chacune l’organise ensuite en parcours. Les lettres modernes parcourent les œuvres françaises, des textes médiévaux aux romans d’aujourd’hui, avec la littérature comparée et la langue française ; les lettres classiques y ajoutent le latin et le grec, avec une place plus large pour l’Antiquité.
Pour un futur scénariste, le détail décisif se loge dans les options. À l’université Bordeaux Montaigne, les enseignements à choix comprennent un module « Littérature et cinéma », et un parcours de troisième année s’intitule « Métiers de l’écrit et intermédialité ». À l’université de Rouen Normandie, la licence Lettres fait dialoguer la littérature avec les autres arts, dont le cinéma, et inscrit un atelier de création littéraire dans l’un de ses parcours.
Autre piste à connaître : certaines universités, comme Bordeaux Montaigne, proposent aussi une licence consacrée au cinéma et à l’audiovisuel. Les films y occupent le centre, là où la mention lettres les aborde par le texte.
Licence de lettres : choisir son université, préparer sa candidature
La licence mention lettres s’étudie dans les facultés et UFR que les universités consacrent aux lettres et aux sciences humaines, le plus souvent sur place. Certaines universités ouvrent aussi un enseignement à distance, comme Bordeaux Montaigne pour plusieurs années du cursus. Pour un profil tourné vers l’écran, deux critères pèsent dans le choix : les options liées au cinéma, à l’image ou au théâtre, et la vie culturelle autour du campus, entre ciné-clubs, festivals et salles art et essai.
Au moment d’arrêter ses vœux, la fiche de la licence mention lettres sur Diplomeo épargne de longues recherches : elle décrit le contenu de la formation, des matières du tronc commun aux mineures possibles, cinéma compris, énumère les universités où la suivre, formules à distance incluses, et rappelle les étapes de la candidature. Diplomeo réunit sur une même page ce qu’un lycéen devrait sinon reconstituer site après site, au moment où il compare des programmes et rédige son projet de formation motivé.
Une première inscription suppose le baccalauréat ou un diplôme reconnu comme équivalent ; Bordeaux Montaigne cite par exemple le DAEU « A ». Rouen comme Bordeaux envoient les nouveaux candidats, réorientations comprises, vers Parcoursup, la procédure nationale de préinscription. La commission y juge la cohérence entre le projet, les acquis et la motivation du candidat d’une part, les attendus de la formation d’autre part ; à Bordeaux Montaigne, elle lit la fiche avenir, la lettre de motivation, les notes des épreuves anticipées et les bulletins de première et de terminale.
Une entrée directe en deuxième ou en troisième année reste possible par validation d’études, auprès de l’université. La fiche RNCP prévoit aussi l’accès au diplôme par la formation continue, l’apprentissage ou la validation des acquis, selon l’offre de chaque établissement.
Six semestres entre textes, langue et images

Le tronc commun du cursus de lettres change peu d’un campus à l’autre. La fiche RNCP résume les activités visées par la mention : analyser des corpus de diverses époques, produire des écrits adaptés à un genre et à un style donnés, étudier des productions artistiques, cinéma compris, en lien avec la littérature. Le tableau ci-dessous rapproche les grands blocs d’enseignement de leur usage pour un projet d’écriture à l’écran.
| Enseignement | Ce qui s’y travaille | Usage pour l’écriture à l’écran |
|---|---|---|
| Littérature française | Des textes médiévaux aux romans récents, histoire des genres | Un répertoire d’intrigues et de structures à transposer |
| Littérature comparée | Œuvres étrangères mises en regard | Ce qui voyage d’une culture à l’autre, matière de l’adaptation |
| Langue française, stylistique | Syntaxe, registres, rythme de la phrase | Des dialogues justes, une description d’action sobre |
| Méthodologie universitaire | Dissertation, commentaire, explication de texte | Défendre un choix, résumer une œuvre en quelques lignes |
| Langue vivante, parfois latin | Lecture et expression dans une autre langue | Les œuvres en version originale, base du sous-titrage |
Bordeaux Montaigne met en avant le « savoir-écrire » : la correction de l’expression entre dans l’évaluation, et l’explication de texte, le commentaire composé et la dissertation rythment le cursus. Pour un futur auteur, cette discipline tient lieu de premier atelier, puisque chaque copie apprend à retirer ce qui ne sert pas.
La troisième année ouvre en général sur une spécialisation, enseignement et recherche ou métiers de l’écrit. Un stage, obligatoire ou facultatif selon les parcours, peut alors se faire dans une société de production, un festival ou une salle de cinéma.
Après la licence de lettres : masters, écoles et métiers de l’écrit à l’écran

La fiche RNCP de la licence s’en tient à ce qu’elle décrit : rédaction, révision de textes et médiation culturelle dès le diplôme, puis communication, édition, documentation ou journalisme après quelques années d’expérience. Le métier de scénariste n’y figure pas. Il apparaît en revanche dans la fiche nationale du master mention cinéma et audiovisuel (RNCP39404, publiée le 19 juillet 2024), qui range les scénarisations cinématographiques et télévisuelles parmi les activités visées, et le scénariste, la scripte ou le critique de cinéma parmi les emplois accessibles.
Des masters pour passer du commentaire à la création
Deux familles de masters prolongent une licence de lettres vers l’écran. Les masters de la mention cinéma et audiovisuel d’abord : à Bordeaux Montaigne, un parcours de recherche consacré aux approches historiques du cinéma conseille une licence de cinéma, mais compte aussi, parmi les titres recevables, une licence d’une autre mention qui répond à ses attendus. Les masters tournés vers la création littéraire ensuite : l’université de Rouen Normandie en cite un parmi les poursuites d’études de sa licence Lettres. Ces candidatures se préparent dès la troisième année.
Les concours des écoles publiques de cinéma
La Fémis, grande école publique qui appartient au ministère de la Culture, recrute sur concours pour son cursus principal de quatre ans, qui compte un département scénario. D’après la page que l’école consacre à son concours général, les candidats français de la session 2026 devaient avoir moins de 27 ans au 1er janvier et avoir validé au moins deux années successives d’études supérieures : une deuxième année de licence réussie ouvre donc l’accès aux épreuves, sans rien garantir au-delà. Son cursus écriture et création de séries exige, lui, un diplôme de niveau master. Les modalités changent d’une session à l’autre.
Les métiers de l’écrit autour des films et des séries
Plusieurs métiers vivent de l’écrit dans le cinéma et les séries :
- scénariste, auteur ou coauteur de films et d’épisodes, un métier qui se construit projet après projet ;
- lecteur de scénarios, qui rédige des fiches de lecture pour une société de production ou un diffuseur ;
- sous-titreur, qui adapte les dialogues dans une autre langue au rythme des images ;
- critique de cinéma ou de séries, pour la presse, la radio ou les médias en ligne.
Aucune de ces voies ne découle du seul diplôme : elles reposent sur des textes déjà écrits, un réseau construit avec patience et, souvent, une formation complémentaire.
Diplomeo et la fiche de la licence mention lettres
Diplomeo est basée à Paris et se décrit, sur sa page LinkedIn officielle, comme une plateforme d’orientation dédiée aux études supérieures, qui réunit fiches de diplômes, présentations d’écoles et informations d’admission. Sa fiche sur la licence mention lettres se prête d’abord à la comparaison : elle place côte à côte les lettres modernes et les lettres classiques, montre comment une mineure, en cinéma par exemple, s’articule avec le tronc commun, et regroupe les universités qui proposent la mention, ville par ville ou à distance. Pour un lycéen qui vise l’écriture pour l’écran, cette vue d’ensemble aide à repérer les cursus qui font une place au cinéma avant d’ouvrir le programme détaillé de chaque université.
Écrire pour l’écran dès les années de fac

Rien n’oblige à attendre le master pour écrire. Les années de licence laissent de la place à des pratiques qui comptent autant que les notes : un atelier d’écriture quand l’université en propose, une association étudiante qui tourne des courts métrages, un ciné-club où présenter des films. Lire des scénarios publiés avant de revoir les films correspondants apprend vite l’écart entre une page et un plan.
Dans les salles art et essai, certaines séances, faciles à repérer quand une grille de programmation se lit avec méthode, sont suivies d’une rencontre où des auteurs parlent de leur travail.
Prochaine étape, dès la première année : écrire un court métrage de quelques pages, le faire lire, le réécrire. La fac de lettres fournit les outils pour comprendre un récit ; ces allers-retours montrent si l’envie d’écrire pour l’écran résiste à l’épreuve de la page.
Licence de lettres et écriture pour l’écran : questions
Où préparer la Licence mention lettres et quelles sont les conditions d’admission ?
La licence mention lettres s’étudie dans les universités, au sein de leurs UFR de lettres, sur place ou parfois à distance, comme à Bordeaux Montaigne. Une première inscription exige le baccalauréat ou un diplôme reconnu comme équivalent, tel le DAEU, et la candidature se dépose sur Parcoursup, où la commission examine le projet de formation, les bulletins et la fiche avenir. Une entrée en deuxième ou troisième année se fait par validation d’études. La fiche de Diplomeo liste les universités qui proposent la mention, ville par ville.
Une licence de lettres mène-t-elle aux métiers de l’écriture pour l’écran ?
Pas directement. La fiche RNCP de la licence oriente vers la rédaction, la révision de textes et la médiation culturelle, puis vers l’édition, la communication ou le journalisme avec de l’expérience. Le métier de scénariste apparaît dans la fiche du master mention cinéma et audiovisuel. La licence fournit pourtant des bases réelles : analyse du récit, maîtrise de la langue, culture des œuvres. L’écriture pour l’écran se travaille ensuite, en master, dans une école publique comme La Fémis ou en atelier.
Quels concours viser après une licence de lettres quand le cinéma attire ?
Le concours général de La Fémis, école publique du ministère de la Culture, mène notamment à son département scénario. Pour la session 2026, il était ouvert aux candidats français de moins de 27 ans au 1er janvier ayant validé au moins deux années successives d’études supérieures. Le cursus écriture et création de séries de la même école demande un diplôme de niveau master. Hors cinéma, la fiche RNCP de la licence cite aussi le métier d’enseignant, sous réserve de réussite au concours.