Vikings, la série : saisons, histoire et suites
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Vikings, la série : saisons, histoire et suites

8 min de lecture

La série Vikings, créée par Michael Hirst pour la chaîne History, compte six saisons et 89 épisodes sortis entre 2013 et la fin de 2020. Elle suit Ragnar Lothbrok, héros des sagas plus que de l’histoire, puis ses fils. Sa suite, Vikings: Valhalla, se déroule un siècle plus tard et tient en trois saisons.

Le récit mêle légendes scandinaves et faits attestés par les chroniques. Les repères qui suivent décrivent les saisons sans détailler leurs rebondissements.

La série Vikings en quelques repères

Michael Hirst connaissait déjà le terrain. Ce scénariste britannique avait signé le film Elizabeth, sorti en 1998, puis créé Les Tudors, deux récits où la grande histoire sert de décor à des rivalités de cour. Vikings transpose cette méthode au haut Moyen Âge scandinave.

Coproduction entre le Canada et l’Irlande, la série démarre le 3 mars 2013 sur History. Les trois premières saisons comptent une dizaine d’épisodes chacune. À partir de la quatrième, chaque saison aligne vingt épisodes livrés en deux moitiés, souvent séparées de plusieurs mois. Ce découpage explique les recherches répétées sur la seconde partie de la saison 6, traitées en fin de page.

Le tournage s’est installé en Irlande, dont les lacs encaissés et les collines de bruyère tiennent lieu de décor scandinave. L’Australien Travis Fimmel incarne Ragnar, la Canadienne Katheryn Winnick prête ses traits à Lagertha, Gustaf Skarsgård joue le constructeur de bateaux Floki et Alexander Ludwig interprète Björn.

Six saisons, deux générations de personnages

SaisonDiffusionÉpisodesFil du récit, sans l’issue
120139Un fermier ambitieux entraîne les siens vers l’ouest, contre l’avis de son jarl
2201410Rivalités entre chefs scandinaves, premiers liens avec le Wessex
3201510Projet d’installation en Angleterre, puis expédition sur la Seine
42016 et 201720Retour en Francie, puis montée en puissance des fils
52017 à 201920Rivalités entre frères et voyages lointains
62019 et 202020Dernière saison, qui referme la chronique familiale

Le tableau montre la bascule. Les premières saisons reposent sur un seul personnage et une question : jusqu’où un homme sans titre peut-il monter ? Dès la seconde moitié de la saison 4, le centre de gravité passe aux fils, avec un saut dans le temps qui confie les rôles à de nouveaux interprètes adultes.

Intérieur d’une maison longue scandinave reconstituée, foyer central rougeoyant et bancs couverts de peaux

Une partie du public décroche alors, une autre y voit l’ampleur véritable de l’œuvre. Ce passage de relais, celui d’un récit qui doit survivre à sa figure centrale, rejoint la réflexion sur ce qui rend une fin de série réussie ou subie : la saga Vikings connaît en pratique deux dénouements, celui du cycle de Ragnar et celui de la sixième saison.

Ragnar Lothbrok, un héros venu des sagas

Le personnage central n’est ni une invention moderne ni une figure d’archives. Le héros, Ragnar Lothbrok, dont le surnom évoque des braies velues, appartient d’abord à la littérature nordique : des sagas islandaises du XIIIe siècle, la Saga de Ragnar Lodbrok et le Dit des fils de Ragnar, racontent sa vie, et un chant de mort lui est attribué. Vers 1200, l’historien danois Saxo Grammaticus lui consacre un long passage de sa Geste des Danois.

Ces textes, rédigés des siècles après l’époque supposée du personnage, mêlent souvenirs de raids, motifs de conte et intérêts dynastiques. Sa mort dans une fosse aux serpents, sur ordre du roi Ælla de Northumbrie, relève de cette tradition légendaire, sans aucune source contemporaine des faits.

Ce que les chroniques attestent

Le modèle réel le plus souvent avancé est Reginherus, un chef scandinave qui remonte la Seine jusqu’à Paris en mars 845, selon les chroniques franques. Charles le Chauve obtient son départ contre une rançon que ces sources chiffrent à sept mille livres de métal précieux. Rien n’autorise pour autant à le confondre avec le Ragnar des sagas.

Les fils laissent des traces plus solides. Les sources anglaises signalent en 865 l’arrivée en Est-Anglie d’une grande armée païenne, conduite notamment par Ivar, dit le Désossé, et Halfdan. York tombe en 866, et Ælla meurt l’année suivante en tentant de reprendre la ville. Le motif de la vengeance filiale s’est greffé après coup sur ces chefs bien réels.

Bracelets en argent torsadé et fragments d’argent coupé posés sur une étoffe de laine sombre, près d’une petite balance en bronze

Lagertha suit un chemin comparable. Saxo Grammaticus en fait une guerrière qui combat aux côtés de Ragnar avant de l’épouser, dans une partie de sa chronique jugée largement légendaire. La série en tire l’un de ses rôles les plus riches.

Les libertés historiques prises par la série

Michael Hirst a lui-même défendu sa démarche : les sources sur cette période sont si rares qu’une part d’invention devient inévitable. Le résultat tient de la compression, où des événements étalés sur plus d’un siècle sont vécus par une seule génération.

Dans la sérieDans les sources
Le pillage de Lindisfarne ouvre l’aventure de RagnarCe raid date de 793, un demi-siècle avant le siège de Paris
Rollo est le frère de RagnarAucun texte ne les relie ; Rollon reçoit en 911 de Charles le Simple les terres de la future Normandie
Le roi Ecbert de Wessex côtoie les fils de RagnarEcbert règne de 802 à 839, bien avant la grande armée
Paris subit deux assauts menés par les mêmes chefsLes sièges de 845 et de 885 à 886 sont séparés de quarante ans
Kattegat est une bourgade portuaireLe Kattegat est un bras de mer entre le Danemark et la Suède

Ces libertés historiques n’enlèvent rien au plaisir du récit, mais elles invitent à le recevoir comme une fiction historique. Les costumes, très chargés en cuir, relèvent de l’esthétique plus que de l’archéologie, et le pouvoir y paraît plus autoritaire que dans les assemblées d’hommes libres attestées en Scandinavie.

La série écarte en revanche le cliché du casque à cornes, que les fouilles ne confirment pas, et soigne ses navires, longs et bas, proches des bateaux exhumés à Oseberg et Gokstad, en Norvège. La prudence vaut pour toute œuvre tirée de faits réels, comme le rappelle le passage sur les séries historiques dans une sélection de séries à voir.

Vikings: Valhalla, la suite un siècle plus tard

La continuation n’est pas une septième saison mais une œuvre distincte. La série dérivée Vikings: Valhalla a été créée par Jeb Stuart pour Netflix, avec Michael Hirst parmi les producteurs exécutifs, et tournée dans les mêmes studios irlandais. Ses trois saisons de huit épisodes sont sorties le 25 février 2022, le 12 janvier 2023 et le 11 juillet 2024, la troisième ayant été annoncée comme la dernière.

Le récit s’ouvre sur le massacre de la Saint-Brice, le 13 novembre 1002, quand le roi Æthelred ordonne de tuer les Danois établis en Angleterre. Les premiers rôles reviennent à des figures historiques : l’explorateur Leif Erikson, Freydís Eiríksdóttir, fille d’Erik le Rouge comme lui, et Harald Sigurdsson, futur roi de Norvège sous le nom de Harald Hardrada.

Boucliers ronds en bois aux faces unies alignés contre une cloison de planches dans un atelier d’accessoires de tournage

La méthode reste celle de la série d’origine : resserrer le temps pour réunir des personnages de générations différentes. Le propos change pourtant, puisque Valhalla raconte surtout la fin de l’ère viking, entre christianisation des royaumes du Nord et luttes pour les couronnes d’Angleterre et de Norvège.

Dans quel ordre regarder la saga

Le plus simple consiste à suivre l’ordre de diffusion : les six saisons de Vikings, puis les trois de Valhalla, soit 113 épisodes au total. Chaque bloc a sa logique :

  • saisons 1 à 3, le cycle de Ragnar, qui forme presque un tout ;
  • saison 4, la charnière, à voir en entier pour saisir le passage aux fils ;
  • saisons 5 et 6, la chronique des frères, plus éclatée sur la carte ;
  • Valhalla, une histoire neuve, plus riche pour qui connaît Kattegat.

Les deux moitiés des saisons 4, 5 et 6 s’enchaînent comme une seule saison, leur coupure tenant au calendrier de diffusion. Commencer par la suite reste possible, son intrigue se déroulant un siècle plus tard.

Reste l’accès : la saga change de catalogue au gré des cessions de droits, et sa disponibilité varie selon les pays. Avant de se lancer dans plus de cent épisodes, mieux vaut s’assurer qu’une offre est autorisée, en appliquant les réflexes du streaming légal.

Vikings : les questions des spectateurs

Une saison 7 de Vikings est-elle prévue ?

Non. Vikings s’arrête à sa sixième saison, dont les derniers épisodes ont été mis en ligne à la fin de 2020. L’univers se prolonge par Vikings: Valhalla, une série distincte située un siècle plus tard, avec de nouveaux personnages et un autre créateur, Jeb Stuart. Les recherches d’une saison 7 renvoient donc à cette suite, elle-même close en 2024 après trois saisons.

Quand la seconde partie de la saison 6 est-elle sortie ?

Les dix derniers épisodes ont été mis en ligne d’un seul bloc le 30 décembre 2020 dans plusieurs pays, sur une plateforme de streaming, avant leur diffusion à la télévision canadienne au début de 2021. La première moitié avait été proposée entre la fin de 2019 et le début de 2020. Selon leur pays, certains spectateurs ont donc découvert la conclusion plusieurs semaines avant d’autres.

Faut-il avoir vu Vikings pour suivre Valhalla ?

Non, la suite a été pensée pour se comprendre seule. Son intrigue commence en 1002, avec des personnages nouveaux et des enjeux propres : la conquête de l’Angleterre par le roi danois Knut, la christianisation de la Scandinavie, les ambitions du jeune Harald Sigurdsson. Les spectateurs de la première série y retrouvent Kattegat et un même style visuel, ce qui enrichit le visionnage sans le conditionner.

Où la série Vikings a-t-elle été tournée ?

L’essentiel du tournage a eu lieu en Irlande, dans les studios d’Ashford, au sud de Dublin, dans le comté de Wicklow. Les extérieurs exploitent les lacs et les collines de la région, autour du Lough Tay notamment, pour figurer la Scandinavie comme l’Angleterre ou la Francie. Vikings: Valhalla a été tournée dans les mêmes studios, d’où la continuité visuelle entre les deux séries.